La retraite marque un tournant décisif dans l’existence, une période où le temps retrouvé permet d’envisager de nouvelles perspectives. Loin de représenter un repli sur soi, cette étape constitue pour de nombreux seniors une opportunité exceptionnelle de s’investir autrement, de donner du sens à leur quotidien et de rester actifs au sein de la société. Avec plus de 16 millions de bénévoles en France, l’engagement associatif représente un véritable pilier du tissu social français. Les retraités y occupent une place centrale, apportant leur expérience, leur disponibilité et leur savoir-faire au service de causes qui leur tiennent à cœur. Pourtant, si 23% des Français étaient bénévoles en 2023, les seniors ne représentent plus qu’un quart des bénévoles, contre 38% en 2010. Cette évolution interroge sur les freins et les leviers permettant d’encourager cet engagement si précieux pour la cohésion sociale.

Les dispositifs institutionnels facilitant le bénévolat des seniors : france bénévolat et tous bénévoles

Les structures d’accompagnement vers le bénévolat se sont considérablement développées ces dernières années, facilitant la mise en relation entre les personnes désireuses de s’engager et les associations en quête de compétences. France Bénévolat, réseau national reconnu d’utilité publique, constitue l’un des acteurs majeurs de cet écosystème. Avec ses 250 permanences réparties sur l’ensemble du territoire français, cette organisation offre un accompagnement personnalisé aux futurs bénévoles. Les conseillers-bénévoles y guident les seniors dans leur réflexion, les aident à identifier leurs motivations profondes et les orientent vers des missions adaptées à leurs aspirations et contraintes.

La structure Tous Bénévoles, fondée par Isabelle Persoz, propose une approche complémentaire en mettant l’accent sur l’adéquation entre les attentes des bénévoles et les besoins réels des associations. Cette plateforme observe une évolution significative des profils : si les seniors restent essentiels au fonctionnement associatif, leur disponibilité a diminué en raison du recul de l’âge de la retraite et des solidarités familiales accrues. Les retraités d’aujourd’hui jonglent entre l’aide apportée à leurs parents âgés, la garde des petits-enfants et leur propre engagement associatif, ce qui modifie profondément les modalités de leur implication.

Le rôle des centres de ressources départementaux dans l’orientation des retraités bénévoles

Au niveau local, les centres de ressources départementaux jouent un rôle crucial dans le maillage territorial de l’accompagnement bénévole. Ces structures, souvent adossées aux Maisons des associations, proposent des permanences régulières où vous pouvez rencontrer des professionnels de la vie associative. Ils connaissent parfaitement le tissu associatif local et peuvent vous orienter vers des missions correspondant précisément à vos compétences. Ces centres organisent également des forums associatifs, généralement avant l’été ou à la rentrée, qui permettent une découverte concrète des différentes organisations présentes sur votre territoire.

L’avantage majeur de ces centres réside dans leur capacité à créer du lien entre les générations de bénévoles. Vous y croiserez aussi bien des jeunes retraités que des seniors expérimentés, créant ainsi des opportunités de mentorat informel. Certains départements ont mis en place des parcours de découverte du bénévolat, vé

ritables « essais » sur quelques semaines. Ils permettent de tester différents types de missions de bénévolat à la retraite avant de s’engager davantage. Pour beaucoup de nouveaux retraités, ce sas d’entrée rassure et aide à dissiper les craintes liées à l’inconnu, au rythme ou à la charge émotionnelle de certaines actions solidaires.

La plateforme JeVeuxAider.gouv.fr : inscription en ligne et matching associatif algorithmique

Complément indispensable aux structures physiques, la plateforme publique JeVeuxAider.gouv.fr simplifie considérablement la recherche de missions de bénévolat pour les seniors. Après une inscription en ligne gratuite, vous renseignez votre profil, vos disponibilités, vos centres d’intérêt et, le cas échéant, vos compétences professionnelles. Un moteur de recherche et un système de matching algorithmique vous proposent alors des missions compatibles avec vos critères, que ce soit près de chez vous ou à distance.

Concrètement, en quelques clics, vous pouvez filtrer les résultats par thématique (solidarité, environnement, culture, sport…), par fréquence (ponctuelle ou régulière) et par localisation. Ce fonctionnement « à la carte » est particulièrement adapté aux retraités qui souhaitent concilier bénévolat, contraintes familiales et loisirs personnels. La plateforme met aussi en avant des campagnes saisonnières comme « Décembre Ensemble » contre l’isolement social, offrant des portes d’entrée thématiques pour celles et ceux qui hésitent encore à franchir le pas.

Pour les seniors moins à l’aise avec le numérique, l’inscription peut être réalisée avec l’aide d’un proche, d’un travailleur social ou d’un agent municipal. L’interface, épurée et progressive, limite les obstacles techniques et permet, une fois la mission trouvée, d’échanger directement avec l’association par messagerie intégrée. Vous gardez ainsi la main sur votre engagement, sans démarchage intrusif, et pouvez interrompre ou ajuster votre participation à tout moment.

Les programmes intergénérationnels de la Croix-Rouge française et des petits frères des pauvres

Au-delà de la simple mise en relation, certaines grandes associations ont développé des programmes spécifiquement pensés pour favoriser le bénévolat des seniors et les échanges intergénérationnels. La Croix-Rouge française propose par exemple des actions de soutien scolaire, de conversation en français ou d’animation de temps collectifs où retraités, étudiants et familles se côtoient. Les seniors y sont tour à tour accompagnants, mentors ou co-animateurs, dans une logique de partage d’expériences et de regards croisés.

Les Petits Frères des Pauvres, quant à eux, ont fait de la lutte contre l’isolement des personnes âgées leur priorité. De nombreux retraités choisissent de s’engager auprès de cette association, que ce soit pour rendre visite à des aînés isolés, organiser des sorties conviviales ou participer à des séjours de vacances solidaires. Les binômes de bénévoles mêlant générations différentes permettent de rompre la solitude tout en créant un dialogue précieux sur les représentations de la vieillesse, de l’engagement et de la solidarité.

Ces programmes intergénérationnels fonctionnent un peu comme des « passerelles » : ils donnent la possibilité aux seniors de s’investir dans un cadre structuré et sécurisé, tout en bénéficiant de l’énergie et des compétences numériques des plus jeunes. En retour, les retraités apportent leur stabilité, leur écoute et leur capacité à prendre du recul. C’est cette complémentarité qui fait la richesse de ces dispositifs et explique leur succès croissant, notamment en milieu urbain.

Le dispositif de reconnaissance des compétences bénévoles par le passeport bénévole

Si le bénévolat à la retraite est d’abord une démarche altruiste, il peut aussi être l’occasion de valoriser un véritable « capital de compétences ». Le Passeport Bénévole, porté par France Bénévolat, est un outil officiel qui permet de consigner les missions réalisées, les responsabilités assumées et les savoir-faire mobilisés dans le cadre associatif. Véritable carnet de bord, il facilite la reconnaissance de l’expérience bénévole auprès des institutions, des employeurs ou des organismes de formation.

Pour les seniors, ce dispositif présente plusieurs intérêts. Il permet d’abord de prendre conscience de la richesse de ce que l’on apporte : gestion de projet, animation de réunion, accompagnement de publics fragiles, compétences numériques ou administratives. Il peut ensuite constituer un support utile en cas de reprise d’activité ponctuelle (mission de conseil, cumul emploi-retraite) ou de validation des acquis de l’expérience (VAE) dans certains secteurs sociaux ou médico-sociaux.

Au-delà de sa dimension administrative, le Passeport Bénévole joue un rôle symbolique important : il donne une visibilité concrète à un engagement souvent discret. Feuilleter ce document, c’est mesurer le chemin parcouru, les liens tissés, les projets menés à bien. Pour beaucoup de retraités, c’est aussi une source de fierté et un support de transmission, à partager avec ses proches pour illustrer ce qu’est une retraite socialement active.

Les secteurs associatifs privilégiés par les retraités : de l’action sociale à la transmission culturelle

Les retraités engagés ne se cantonnent pas à un seul type de mission : leur bénévolat couvre un large spectre de domaines, à l’image de la diversité du tissu associatif français. L’action sociale, la santé, l’éducation, l’environnement, la culture ou le sport attirent des profils variés, portés par des parcours de vie et des sensibilités multiples. Votre expérience professionnelle ou personnelle peut ainsi trouver un prolongement naturel dans une association, ou au contraire vous ouvrir à un univers totalement nouveau.

Les seniors sont particulièrement présents dans les secteurs de l’aide alimentaire, de l’accompagnement des personnes isolées, de l’animation locale et de la transmission culturelle. Pourquoi ces domaines ? Parce qu’ils combinent proximité, impact concret et relations humaines fortes. En rejoignant une équipe de bénévoles, vous intégrez souvent une « petite communauté » soudée, où chacun trouve progressivement sa place en fonction de ses envies et de ses forces.

L’accompagnement éducatif avec l’association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV)

Dans le champ de l’éducation, l’Association de la Fondation Étudiante pour la Ville (AFEV) s’est spécialisée dans l’accompagnement individualisé d’enfants et de jeunes issus de quartiers populaires. Historiquement portée par des étudiants, l’association accueille de plus en plus de bénévoles retraités qui souhaitent mettre leur temps et leur expérience au service de la lutte contre les inégalités scolaires. Soutien à la lecture, aide aux devoirs, découverte culturelle : les formats sont souples et adaptés aux disponibilités de chacun.

Pour un senior, s’engager avec l’AFEV, c’est souvent retrouver un lien avec le monde de l’école et de la jeunesse, tout en apportant une présence régulière et rassurante à un enfant. Les rencontres se déroulent la plupart du temps au domicile de la famille ou dans des lieux tiers (médiathèque, centre social), ce qui limite les contraintes de déplacement. L’association accompagne les bénévoles par des temps de formation et d’échange de pratiques, afin de ne jamais les laisser seuls face à des situations potentiellement complexes.

Ce type de bénévolat éducatif revêt une dimension intergénérationnelle forte : vous devenez un repère complémentaire aux parents et aux enseignants, sans vous substituer à eux. Un peu comme un tuteur pour une jeune pousse, vous aidez l’enfant à grandir, à prendre confiance et à s’ouvrir à de nouveaux horizons. En retour, ces échanges nourrissent votre curiosité et vous plongent dans l’univers des adolescents et des jeunes adultes d’aujourd’hui.

La préservation environnementale via les chantiers nature de FNE et surfrider foundation

Si vous êtes sensible à la protection de l’environnement, des réseaux comme France Nature Environnement (FNE) ou la Surfrider Foundation proposent des actions très concrètes. Nettoyage de plages et de rivières, plantations d’arbres, inventaires de biodiversité, sensibilisation du grand public : les « chantiers nature » offrent un bénévolat à la retraite à la fois physique, convivial et porteur de sens. Beaucoup de seniors y voient une manière d’agir directement pour les générations futures.

Ces missions de terrain, souvent organisées sur une demi-journée ou une journée, sont accessibles même si vous débutez dans ce domaine. Les associations fournissent le matériel nécessaire, expliquent les consignes de sécurité et encadrent les groupes de bénévoles. Si votre condition physique impose des limites, il est tout à fait possible de privilégier des tâches moins exigeantes : accueil du public, tenue de stand lors d’événements, participation à des campagnes de sensibilisation dans les écoles ou les mairies.

En vous investissant dans la préservation environnementale, vous devenez un maillon d’une chaîne plus large, celle de la transition écologique citoyenne. C’est un peu comme contribuer à un grand puzzle collectif : chaque action, même modeste, s’ajoute aux autres pour produire un impact tangible sur les territoires. Et, au passage, vous profitez d’un temps régulier passé au grand air, bénéfique pour la santé physique et mentale.

Le mentorat entrepreneurial par les réseaux egée et BGE

Les retraités issus du monde de l’entreprise, de la fonction publique ou de l’artisanat disposent souvent d’un savoir-faire précieux pour accompagner la création ou le développement d’activités économiques. Les réseaux comme Egée (Entente des Générations pour l’Emploi et l’Entreprise) ou BGE (Boutiques de Gestion) organisent ce transfert de compétences sous forme de mentorat ou de conseil bénévole. Vous pouvez ainsi aider des porteurs de projet à structurer leur idée, à monter un business plan ou à gérer leurs premiers recrutements.

Ce bénévolat de compétences permet de prolonger votre trajectoire professionnelle dans un cadre non lucratif, allégé des enjeux hiérarchiques et financiers. Vous intervenez comme une « boussole » pour des entrepreneurs parfois isolés, en partageant vos réussites mais aussi vos erreurs passées. Les rencontres se font généralement sur rendez-vous, en présentiel ou à distance, ce qui facilite l’organisation de votre agenda de retraité.

Pour beaucoup de seniors, ce type d’engagement a une valeur symbolique forte : il confirme que leur expertise reste utile et recherchée, même après la fin de carrière. À l’image d’un artisan qui transmet son tour de main, le mentorat entrepreneurial vous permet de voir vos conseils se concrétiser dans la vie d’une entreprise, d’une association ou d’une activité indépendante. Ce sentiment de « passer le relais » nourrit profondément l’estime de soi.

La médiation culturelle dans les musées avec les amis du louvre et des institutions locales

La culture constitue un autre territoire privilégié du bénévolat à la retraite. De nombreuses associations d’Amis de musées, comme les Amis du Louvre ou des sociétés locales de sauvegarde du patrimoine, s’appuient sur des bénévoles seniors pour assurer des visites guidées, tenir des permanences d’accueil ou contribuer à la médiation culturelle. Si vous êtes passionné d’histoire de l’art, de patrimoine ou de mémoire locale, ces missions peuvent s’avérer particulièrement épanouissantes.

Les institutions forment généralement leurs bénévoles à la prise de parole en public, aux contenus des expositions et aux règles d’accueil des publics spécifiques (enfants, scolaires, personnes en situation de handicap). Vous devenez alors un véritable passeur de culture, aidant les visiteurs à décrypter une œuvre, à comprendre un contexte historique ou à se repérer dans un parcours muséal. L’engagement peut être très modulable : quelques heures par mois ou des permanences plus régulières, selon vos envies.

Ce type de bénévolat illustre parfaitement la dimension de transmission chère à beaucoup de retraités. À travers vos commentaires, vos anecdotes et votre regard, vous contribuez à faire vivre le patrimoine commun. Un peu comme un guide de montagne qui connaît chaque sentier, vous accompagnez les visiteurs sur des chemins parfois méconnus de l’histoire, tout en restant à l’écoute de leurs questions et de leur sensibilité.

La structuration temporelle du bénévolat retraité : missions ponctuelles versus engagements récurrents

L’une des grandes forces du bénévolat à la retraite réside dans la flexibilité des formats proposés. Il n’existe pas un seul modèle d’engagement, mais une palette de possibilités allant de la mission « coup de main » de quelques heures à l’investissement régulier sur plusieurs années. Cette souplesse est essentielle pour s’adapter à des rythmes de vie très différents : certains jeunes retraités voyagent régulièrement, d’autres s’occupent de proches fragilisés, d’autres encore cumulent emploi et pension.

Avant de choisir une association, il est donc utile de réfléchir au temps que vous souhaitez consacrer à votre engagement. Préférez-vous des actions intensives mais ponctuelles, au moment de grandes collectes ou d’événements culturels, ou une présence régulière, par exemple une matinée par semaine au sein d’une structure de quartier ? En clarifiant ce point, vous augmentez vos chances de trouver une mission qui s’inscrira durablement dans votre quotidien sans générer de stress.

Les missions flash de quelques heures avec la banque alimentaire et les restos du cœur

Les « missions flash » constituent une excellente porte d’entrée dans le bénévolat senior. Des réseaux comme les Banques Alimentaires ou les Restos du Cœur mobilisent chaque année des milliers de bénévoles, parfois pour une seule journée ou un week-end. Collecte nationale en grande surface, tri de dons, confection de paniers : ces actions concentrées dans le temps permettent d’agir concrètement sans s’engager sur la durée.

Pour un retraité qui hésite encore, participer à une collecte alimentaire peut jouer le rôle de test. Vous découvrez l’ambiance d’une équipe, la réalité du terrain et le contact avec les bénéficiaires, tout en gardant la liberté de renouveler – ou non – l’expérience. Ce format très court convient aussi bien à ceux qui ont un emploi du temps chargé qu’aux seniors souhaitant concilier bénévolat et contraintes de santé, en choisissant des créneaux adaptés à leurs forces.

Au fil du temps, certains bénévoles « occasionnels » deviennent des piliers de ces dispositifs, en rejoignant les équipes de préparation, de logistique ou de coordination. Mais rien n’est imposé : la philosophie reste celle du volontariat, sans pression. C’est un peu comme un « coup de main entre voisins » à grande échelle, où chaque contribution, même limitée à quelques heures, participe à un mouvement de solidarité national.

Les permanences hebdomadaires dans les associations de quartier et CCAS

À l’opposé des missions ponctuelles, de nombreuses associations de quartier, centres sociaux ou Centres communaux d’action sociale (CCAS) recherchent des bénévoles prêts à s’engager de manière régulière. Il peut s’agir d’assurer une permanence d’accueil, d’animer un atelier (informatique, mémoire, activité manuelle), de tenir une épicerie solidaire ou de participer à un comité de voisinage. Ce rythme hebdomadaire ou bi-hebdomadaire structure la vie de la structure… et offre en retour un cadre rassurant pour les bénévoles.

Pour un retraité, ces rendez-vous réguliers jouent souvent le rôle de « colonne vertébrale » dans la semaine. Ils donnent des points de repère, créent des habitudes relationnelles et favorisent un sentiment d’appartenance fort à une communauté locale. Si vous appréciez les liens au long cours et la construction progressive de projets, ce type d’engagement est particulièrement adapté. Il permet aussi de suivre l’évolution des personnes accompagnées, de mesurer les progrès réalisés ou les difficultés rencontrées.

Avant de s’engager sur ce format, il est toutefois important d’évaluer honnêtement ses disponibilités et son énergie. Rien n’interdit d’ajuster ensuite la fréquence ou la nature de la mission en concertation avec l’association. Comme dans un contrat moral, l’essentiel est de trouver un équilibre entre vos envies, vos limites et les besoins du terrain.

Les projets saisonniers : maraudes hivernales et festivals culturels estivaux

Entre les missions flash et les permanences hebdomadaires, les projets saisonniers constituent un compromis intéressant. Les maraudes hivernales, menées par des associations comme la Croix-Rouge ou le Secours Catholique, mobilisent par exemple des bénévoles de novembre à mars pour aller à la rencontre des personnes sans-abri. À l’inverse, l’été est souvent la saison des festivals culturels, des animations sportives et des événements de quartier, qui reposent largement sur le bénévolat.

Ces engagements sur une période définie, de quelques semaines à quelques mois, permettent d’anticiper son emploi du temps et, pour certains retraités, de concilier bénévolat et projets personnels (voyages, garde de petits-enfants, travaux). Vous pouvez par exemple décider de consacrer chaque hiver à une action de solidarité forte, puis de lever le pied au printemps. Ou, au contraire, de vous impliquer dans la vie culturelle estivale de votre ville, en devenant bénévole dans un festival de musique ou de cinéma.

Les projets saisonniers fonctionnent un peu comme des « saisons » de série : ils ont un début, un déroulement et une fin clairs. Cette temporalité rassure, surtout pour un premier engagement dans un domaine émotionnellement exigeant comme les maraudes. Elle offre aussi la possibilité de faire un bilan à l’issue de chaque saison et de décider, en toute liberté, de poursuivre, d’interrompre ou de changer de registre.

Les apports psychosociaux du bénévolat sur le vieillissement actif et la cognition

Au-delà de son utilité sociale, le bénévolat à la retraite est désormais reconnu pour ses effets positifs sur la santé globale des seniors. Plusieurs études internationales, menées notamment par l’Université d’Exeter ou Harvard, montrent que les personnes âgées bénévoles présentent en moyenne une meilleure santé mentale, un risque moindre de dépression et une mortalité plus faible que celles qui ne s’engagent pas, à condition que le bénévolat reste choisi et non subi. Comment l’expliquer ? Par une combinaison de stimulation cognitive, de lien social et de sentiment d’utilité.

Participer régulièrement à des réunions, organiser une collecte, animer un atelier ou simplement échanger avec des bénéficiaires sollicite de nombreuses fonctions cognitives : mémoire, planification, attention, langage. C’est un peu comme entraîner un muscle : plus on le sollicite, plus il demeure performant. Cette « gymnastique mentale » contribue à retarder le déclin cognitif et à maintenir une bonne autonomie intellectuelle.

Sur le plan psychosocial, l’engagement bénévole permet de lutter efficacement contre l’isolement, qui constitue l’un des principaux facteurs de vulnérabilité à la retraite. En rejoignant une équipe, vous intégrez un réseau relationnel qui dépasse le cadre familial, avec des repères, des rituels et des projets communs. La reconnaissance reçue – un simple « merci », un sourire, l’impression d’avoir vraiment aidé – renforce l’estime de soi et le sentiment d’appartenir à un collectif.

Le bénévolat offre aussi un espace où l’on peut redéfinir son identité après la vie professionnelle. Plutôt que d’être uniquement « l’ancien comptable » ou « l’ex-infirmière », vous devenez « la bénévole du club de lecture » ou « le référent de la collecte de denrées ». Cette nouvelle manière de se présenter au monde joue un rôle important dans la construction d’un vieillissement actif, choisi et assumé. Vous continuez d’être acteur ou actrice de votre vie, et non simple spectateur du temps qui passe.

La valorisation des compétences professionnelles antérieures en contexte associatif non lucratif

Pour beaucoup de retraités, une question se pose : que faire de toutes les compétences accumulées au fil d’une carrière ? Le monde associatif offre un terrain privilégié pour les réinvestir, les adapter et, parfois, les réinventer. Gestion budgétaire, ressources humaines, informatique, communication, organisation d’événements, accompagnement de publics fragiles : presque chaque compétence professionnelle trouve son écho dans le secteur non lucratif.

Les associations recherchent par exemple des trésoriers capables de tenir une comptabilité, des secrétaires pour assurer le suivi administratif, des communicants pour alimenter un site internet ou une page de réseau social, des anciens cadres pour structurer une stratégie de développement. Pour les seniors, ces missions de bénévolat de compétences permettent de rester dans un univers familier tout en découvrant de nouvelles contraintes, liées à l’économie sociale et solidaire.

Cette valorisation n’est pas seulement utile aux structures : elle bénéficie aussi aux bénévoles eux-mêmes. En mobilisant vos savoir-faire, vous entretenez un sentiment de continuité avec votre parcours professionnel, tout en vous affranchissant des aspects les plus contraignants (pression des résultats, hiérarchie, compétition). C’est un peu comme si vous gardiez le meilleur de votre métier – l’expertise, la transmission, la créativité – en laissant de côté le stress et les délais intenables.

Enfin, le contexte associatif crée souvent des occasions d’apprendre de nouvelles compétences, complémentaires aux anciennes. Un ancien ingénieur peut découvrir la rédaction de demandes de subventions, une ancienne enseignante se former à la médiation numérique, un ex-commerçant prendre des responsabilités dans la gouvernance d’une structure. Cette dynamique d’apprentissage continu est au cœur du « vieillissement actif » promu par les politiques publiques européennes.

Les formations spécifiques pour bénévoles seniors : premiers secours PSC1 et accompagnement des personnes fragiles

Pour sécuriser et professionnaliser l’action des bénévoles, de nombreuses associations et organismes publics proposent des formations adaptées, souvent gratuites ou à coût réduit pour les retraités. Parmi les plus répandues figure la formation aux gestes de premiers secours (PSC1), dispensée par la Croix-Rouge, les sapeurs-pompiers ou des associations agréées de sécurité civile. En une journée, vous apprenez à réagir face à un malaise, une chute, un étouffement ou un arrêt cardiaque, des situations auxquelles vous pouvez être confronté dans votre vie associative.

Acquérir ces réflexes ne bénéficie pas seulement à votre mission de bénévole : c’est un atout pour votre entourage, vos voisins, vos petits-enfants. De nombreux seniors témoignent du sentiment de confiance que procure cette formation, comme si l’on ajoutait une « trousse de secours invisible » à son quotidien. Certains choix d’engagement – accompagnement de personnes sans domicile, animation d’activités physiques – la rendent particulièrement recommandée.

Au-delà du PSC1, des formations spécifiques existent pour l’accompagnement des personnes fragiles : écoute active, prévention de l’épuisement, posture éthique, gestion des situations difficiles. Les associations œuvrant dans le champ du grand âge, du handicap ou de la précarité organisent régulièrement ces sessions, parfois en partenariat avec des mutuelles, des caisses de retraite ou des collectivités. Elles permettent aux bénévoles seniors de se sentir plus à l’aise, mieux armés face à des réalités parfois éprouvantes.

Se former en tant que bénévole, ce n’est pas « retourner à l’école », mais plutôt enrichir sa boîte à outils au service d’un engagement choisi. C’est une manière de prendre soin de soi tout en prenant soin des autres, en posant des repères clairs : ce que je peux faire, ce que je ne dois pas faire, vers qui je peux me tourner en cas de doute. En bénéficiant de ces accompagnements, le senior bénévole consolide sa place au sein de l’association et inscrit son action dans la durée, en toute sécurité.