
# Santé bucco-dentaire des seniors : les bons réflexes à adopter
Le vieillissement s’accompagne de transformations physiologiques qui touchent l’ensemble de l’organisme, et la sphère bucco-dentaire n’échappe pas à cette réalité. Après 60 ans, la bouche devient progressivement plus vulnérable aux infections, aux inflammations et aux pathologies chroniques. La diminution de la sécrétion salivaire, l’usure naturelle des tissus dentaires et la prise fréquente de médicaments créent un terrain propice au développement de complications bucco-dentaires spécifiques. Pourtant, contrairement aux idées reçues, perdre ses dents n’est pas une fatalité liée à l’âge. Avec une hygiène adaptée, un suivi professionnel régulier et une alimentation équilibrée, il est parfaitement possible de conserver une dentition fonctionnelle et esthétique tout au long de votre vie. La clé réside dans l’adoption de réflexes préventifs spécifiques aux besoins des seniors, combinés à une vigilance accrue face aux signaux d’alerte que votre bouche peut vous envoyer.
Pathologies bucco-dentaires spécifiques au vieillissement après 60 ans
Le passage du cap des 60 ans marque souvent l’apparition de troubles bucco-dentaires caractéristiques du vieillissement. Ces pathologies, bien que fréquentes, ne doivent jamais être considérées comme normales ou inévitables. Leur reconnaissance précoce permet d’intervenir rapidement et d’éviter des complications parfois graves pour votre santé générale. Les tissus buccaux subissent des modifications structurelles et fonctionnelles qui les rendent plus sensibles aux agressions bactériennes et mécaniques.
Xérostomie et syndrome de la bouche sèche : causes médicamenteuses et hormonales
La xérostomie, cette sensation désagréable de bouche sèche, affecte près de 30% des personnes de plus de 65 ans. Ce phénomène résulte d’une diminution significative de la production salivaire, qui joue pourtant un rôle protecteur essentiel pour vos dents et vos muqueuses. La salive neutralise les acides produits par les bactéries, facilite la digestion et prévient l’accumulation de plaque dentaire. Les causes principales incluent la polymédication (antihypertenseurs, antidépresseurs, diurétiques), les changements hormonaux post-ménopausiques chez la femme, et certaines pathologies chroniques comme le diabète. Cette sécheresse buccale augmente considérablement le risque de caries, particulièrement au niveau des racines dentaires exposées, et favorise le développement de candidoses orales. Pour pallier ce problème, vous pouvez stimuler la salivation en suçant des pastilles sans sucre, en buvant régulièrement de petites quantités d’eau, ou en utilisant des substituts salivaires prescrits par votre chirurgien-dentiste.
Déchaussement dentaire et récession gingivale liés à la parodontite chronique
La parodontite chronique représente la principale cause de perte dentaire après 60 ans, touchant plus de 40% des seniors. Cette maladie inflammatoire progressive détruit les tissus de soutien de la dent : la gencive, l’os alvéolaire et le ligament parodontal. Elle débute généralement par une gingivite, caractérisée par un gonflement et des saignements gingivaux lors du brossage. Si elle n’est pas traitée, l’inflammation s’étend en profondeur, créant des po
suite de poches parodontales autour des dents. Progressivement, celles-ci paraissent plus longues, se déchaussent et deviennent mobiles. Les facteurs de risque principaux sont le tabac, un brossage insuffisant ou traumatique, le diabète mal équilibré et certaines prédispositions génétiques. Un traitement parodontal consiste généralement en un détartrage et un surfaçage radiculaire approfondis, associés à une amélioration rigoureuse de l’hygiène à domicile. En cas de mobilité importante ou de perte osseuse avancée, des traitements plus spécialisés, voire l’extraction de dents irrécupérables, peuvent être nécessaires pour enrayer l’infection et préserver les dents restantes.
Candidose buccale et mycoses orales chez les porteurs de prothèses
Les mycoses orales, en particulier la candidose buccale liée au champignon Candida albicans, sont fréquentes chez les seniors, surtout en cas de port de prothèses amovibles. Elles se manifestent par des rougeurs sous les appareils, une sensation de brûlure, un goût métallique ou une gêne lors de l’alimentation. Le risque augmente lorsque la prothèse est portée jour et nuit, insuffisamment nettoyée, ou en cas de bouche sèche et de diabète. Le traitement repose sur une hygiène rigoureuse de la prothèse, l’aération quotidienne des muqueuses et, si besoin, l’utilisation d’antifongiques prescrits par le chirurgien-dentiste. Retirer ses prothèses la nuit, les faire tremper dans une solution adaptée et consulter dès les premiers signes de gêne permettent de limiter les récidives.
Ne négligez pas ces symptômes sous prétexte qu’ils semblent bénins ou « normaux avec l’âge ». Des douleurs, des brûlures de langue ou des rougeurs persistantes doivent toujours alerter, surtout si vous portez un appareil dentaire depuis longtemps. Un contrôle régulier permettra de vérifier l’ajustement de la prothèse, de repérer les zones de frottement et de prévenir l’apparition de liaisons douloureuses ou infectieuses. En agissant tôt, vous évitez l’installation d’un inconfort chronique qui peut perturber l’alimentation, le sommeil et la qualité de vie au quotidien.
Érosion de l’émail dentaire et usure occlusale post-65 ans
Avec les années, l’émail dentaire s’amincit progressivement, comme un tissu qui s’use à force d’être frotté. Après 65 ans, cette érosion de l’émail est souvent accentuée par la consommation régulière de boissons acides (sodas, jus d’agrumes, vin), des reflux gastro-œsophagiens ou un brossage trop vigoureux avec une brosse dure. Les dents deviennent alors plus sensibles au chaud, au froid et aux aliments sucrés, et leur couleur peut se ternir ou jaunir. À ce stade, les microfissures et la perte de substance augmentent le risque de caries et de fractures dentaires.
Pour limiter cette usure, il est recommandé d’éviter de se brosser les dents immédiatement après la consommation d’aliments acides, de privilégier une brosse souple et un dentifrice peu abrasif, et de consulter en cas d’hypersensibilité persistante. Le chirurgien-dentiste peut proposer des vernis fluorés, des restaurations adhésives ou des onlays pour renforcer les dents fragilisées. Une bonne prise en charge de l’érosion dentaire chez le senior permet de préserver le confort masticatoire, d’éviter la casse de dents déjà affaiblies et de maintenir une esthétique satisfaisante, souvent essentielle pour la confiance en soi.
Protocole d’hygiène bucco-dentaire adapté aux personnes âgées
Après 60 ans, la routine d’hygiène bucco-dentaire doit être ajustée aux besoins spécifiques des gencives fragilisées, de l’émail usé et, parfois, d’une dextérité manuelle diminuée. L’objectif n’est pas seulement de « se brosser les dents », mais d’éliminer efficacement la plaque dentaire tout en préservant les tissus. Un protocole adapté prend en compte la sensibilité gingivale, la présence éventuelle de prothèses, la xérostomie et les maladies générales. Avec quelques adaptations simples, il est possible de conserver une bouche saine même en cas de mobilité réduite ou de troubles articulaires.
Technique de brossage bass modifiée pour gencives sensibles et mobilité réduite
La technique de brossage de Bass modifiée est particulièrement recommandée chez les seniors présentant des gencives sensibles ou un début de déchaussement. Elle consiste à placer la brosse à dents à 45° à la jonction entre la gencive et la dent, puis à effectuer de petits mouvements vibratoires sans appuyer fortement. Ce geste permet d’éliminer la plaque située au niveau du sillon gingival, zone clé pour la prévention des gingivites et parodontites. La brosse doit être à poils souples, voire extra-souples, pour limiter les traumatismes sur l’émail et les gencives.
Pour les personnes ayant une mobilité réduite (arthrose, tremblements, séquelles d’AVC), une brosse à dents électrique à tête rotative ou sonique peut grandement faciliter le brossage. L’utilisation d’un manche épaissi (grâce à un manchon ou à un simple ruban adhésif enroulé) améliore la prise en main. L’essentiel est de conserver deux brossages par jour de deux minutes, matin et soir, en procédant par zones pour ne rien oublier : secteur droit, secteur antérieur, secteur gauche, faces externes puis internes. En cas de doute, n’hésitez pas à demander à votre dentiste ou à l’hygiéniste une démonstration personnalisée.
Brossettes interdentaires GUM et fil dentaire ciré : adaptation selon la dextérité
Le brossage seul ne permet pas de nettoyer efficacement les espaces entre les dents, là où s’accumulent plaque et débris alimentaires. Chez le senior, ces zones interdentaires sont souvent plus larges en raison du recul gingival, ce qui rend l’usage des brossettes interdentaires particulièrement pertinent. Des marques comme GUM proposent différentes tailles de brossettes : il est conseillé de faire mesurer les espaces par votre chirurgien-dentiste pour choisir le diamètre approprié. Utilisées une fois par jour, de préférence le soir, elles réduisent significativement le risque de parodontite et de caries radiculaires.
Lorsque la dextérité manuelle est limitée, le fil dentaire ciré, monté sur des porte-fil préformés, peut être plus facile à manipuler qu’un fil classique enroulé autour des doigts. L’objectif est de trouver l’outil que vous êtes réellement en mesure d’utiliser au quotidien, sans douleur ni découragement. Si les gestes restent trop difficiles, un aidant peut être formé à ces techniques ou l’on peut privilégier des hydropulseurs, en complément mais jamais en remplacement total du brossage mécanique. En adaptant les accessoires à vos capacités, vous conservez une hygiène interdentaire efficace, pilier de la santé bucco-dentaire du senior.
Bains de bouche à la chlorhexidine 0,12% : posologie et contre-indications
Les bains de bouche antiseptiques à base de chlorhexidine à 0,12% peuvent être très utiles en cas de gingivite, de parodontite active ou après une intervention chirurgicale. Utilisés en cure courte, ils réduisent la charge bactérienne et facilitent la cicatrisation des tissus. La posologie habituelle consiste en un rinçage de 30 secondes, deux fois par jour, pendant 7 à 14 jours, sans dilution, en évitant de rincer la bouche à l’eau juste après. Au-delà de cette durée, le risque d’effets secondaires augmente : coloration brune des dents, altération transitoire du goût, dérèglement de la flore buccale.
Ces bains de bouche ne doivent pas être utilisés en continu toute l’année, ni se substituer au brossage mécanique. Ils sont contre-indiqués en cas d’allergie connue à la chlorhexidine et doivent être utilisés avec prudence chez les personnes présentant des muqueuses très irritées. En présence de xérostomie sévère, certains bains de bouche alcoolisés peuvent majorer la sécheresse et doivent être évités au profit de formules sans alcool. Avant d’instaurer une cure, parlez-en avec votre dentiste ou votre médecin, surtout si vous êtes polymédiqué, afin de vérifier l’absence d’interactions ou de contre-indications particulières.
Nettoyage et désinfection des prothèses amovibles au polident ou steradent
Les prothèses amovibles, qu’elles soient partielles ou complètes, nécessitent une hygiène aussi rigoureuse que les dents naturelles. Un mauvais entretien favorise la prolifération de bactéries et de champignons responsables de stomatites prothétiques et de mauvaise haleine. Il est recommandé de brosser l’appareil chaque jour avec une brosse spécifique et de l’eau savonneuse (savon doux), en évitant les dentifrices abrasifs qui peuvent rayer la résine. En complément, des comprimés effervescents de type Polident ou Steradent permettent une désinfection chimique quotidienne ou plusieurs fois par semaine, selon les recommandations du fabricant.
La prothèse doit idéalement être retirée au moins quatre heures par jour, généralement la nuit, afin de laisser les muqueuses se reposer et de réduire le risque de candidose. Elle se conserve alors dans un verre d’eau propre, éventuellement additionnée de la solution effervescente indiquée. Pensez également à masser délicatement vos gencives avec une brosse très souple ou le doigt ganté pour stimuler la circulation sanguine. En cas de douleur, de rougeur sous la prothèse ou de difficulté soudaine à la porter, une consultation s’impose : un simple ajustement ou un rebasage peut parfois régler le problème et éviter des lésions plus importantes.
Complications dentaires liées aux pathologies systémiques du senior
À partir de 65 ans, la santé bucco-dentaire ne peut plus être dissociée de l’état général. Les maladies chroniques comme l’ostéoporose, le diabète ou les pathologies cardiovasculaires, ainsi que la polymédication, modifient profondément la réponse des tissus buccaux. Les infections dentaires deviennent plus difficiles à contrôler, la cicatrisation est ralentie et les complications post-opératoires sont plus fréquentes. Une prise en charge globale, coordonnée entre chirurgien-dentiste, médecin traitant et, le cas échéant, spécialistes, est donc indispensable pour sécuriser les soins dentaires chez le senior.
Ostéoporose et perte osseuse alvéolaire : impact sur les implants dentaires
L’ostéoporose, caractérisée par une diminution de la densité minérale osseuse, touche particulièrement les femmes après la ménopause, mais aussi de nombreux hommes âgés. Au niveau de la mâchoire, elle se traduit par une perte osseuse alvéolaire qui peut accélérer le déchaussement des dents et compliquer la pose d’implants dentaires. Un os trop fragile ou trop résorbé offre un ancrage moins stable pour les implants, augmentant le risque d’échec ou de complications. Cependant, l’ostéoporose n’est pas une contre-indication systématique : chaque cas doit être évalué individuellement par imagerie (scanner, cone beam) et examen clinique.
Les traitements de l’ostéoporose, notamment certains bisphosphonates ou anticorps monoclonaux, nécessitent également des précautions spécifiques, en raison du risque rare mais grave d’ostéonécrose des maxillaires. Avant tout projet implantaire, le chirurgien-dentiste doit donc connaître précisément votre traitement et, si nécessaire, échanger avec votre rhumatologue ou votre médecin. Dans certains cas, des alternatives comme des prothèses amovibles ou des bridges conventionnels seront privilégiées. Une hygiène rigoureuse et des contrôles réguliers restent essentiels pour limiter la résorption osseuse et préserver le capital dentaire restant.
Diabète de type 2 et susceptibilité accrue aux infections parodontales
Le diabète de type 2, très fréquent après 60 ans, augmente significativement le risque de maladies parodontales. Une glycémie mal équilibrée favorise les infections, ralentit la cicatrisation et modifie la réponse inflammatoire des gencives. En pratique, les patients diabétiques présentent plus souvent des saignements, un déchaussement dentaire et des poches parodontales profondes. Inversement, une parodontite non traitée peut compliquer l’équilibre glycémique, créant un véritable cercle vicieux entre diabète et santé bucco-dentaire.
Pour rompre ce cercle, il est indispensable de combiner un suivi diabétologique rigoureux et un contrôle parodontal régulier. Le dentiste peut proposer des séances de détartrage plus fréquentes, des conseils d’hygiène renforcés et, en cas d’infection, une prise en charge rapide éventuellement associée à une antibiothérapie. Informez toujours votre chirurgien-dentiste de votre diabète, de vos derniers résultats d’HbA1c et de vos traitements en cours. En travaillant main dans la main avec votre médecin, vous réduirez le risque de complications bucco-dentaires et contribuerez à un meilleur contrôle global de votre maladie.
Polymédication et effets iatrogènes sur la santé gingivale
La polymédication, définie par la prise quotidienne de plusieurs médicaments, est très fréquente chez les seniors. De nombreux traitements ont des effets secondaires bucco-dentaires : sécheresse de la bouche, hypertrophie gingivale, troubles du goût, saignements plus fréquents. Certains antihypertenseurs, antiépileptiques ou immunosuppresseurs peuvent provoquer un épaississement des gencives, rendant le brossage plus difficile et augmentant le risque de gingivite. D’autres, comme les antidépresseurs ou les diurétiques, accentuent la xérostomie, avec les conséquences déjà évoquées sur le risque carieux.
Face à ces effets iatrogènes, le rôle du dentiste est d’identifier les médicaments en cause et d’adapter les conseils d’hygiène et le suivi. De votre côté, pensez à apporter la liste complète de vos traitements à chaque consultation, y compris les compléments alimentaires et les médicaments pris « ponctuellement ». Dans certains cas, un échange avec le médecin traitant permet d’envisager une alternative thérapeutique mieux tolérée au niveau buccal. Même lorsque le traitement ne peut pas être modifié, il est possible de limiter les conséquences grâce à des substituts salivaires, des gels fluorés, des bains de bouche spécifiques et une hygiène méticuleuse.
Anticoagulants oraux et précautions lors d’extractions dentaires
De nombreux seniors sont traités par anticoagulants oraux (AVK, antithrombines directes) pour prévenir les accidents vasculaires cérébraux, les phlébites ou certaines pathologies cardiaques. Ces médicaments modifient la coagulation sanguine et augmentent le risque de saignement lors d’actes dentaires invasifs, comme les extractions ou certaines chirurgies. Pour autant, il est rarement recommandé d’interrompre brutalement un anticoagulant avant un soin dentaire, en raison du risque de thrombose. La conduite à tenir doit toujours être discutée entre le dentiste, le médecin traitant ou le cardiologue.
Avant toute intervention, un bilan de coagulation ou la vérification de l’INR (pour les AVK) peut être demandé. Le praticien adaptera alors la technique chirurgicale, utilisera des moyens locaux d’hémostase (sut sutures, éponges hémostatiques, compresses compressives) et donnera des consignes précises pour la surveillance à domicile. De votre côté, signalez systématiquement la prise d’anticoagulants, d’antiagrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel, etc.) et d’anti-inflammatoires. En respectant ces précautions, il est tout à fait possible de réaliser des soins dentaires sécurisés chez un patient sous anticoagulants, sans mettre en péril sa santé générale.
Prothèses dentaires et réhabilitation orale gériatrique
Lorsque plusieurs dents ont été perdues, voire toute la dentition, la réhabilitation orale devient un enjeu majeur pour la mastication, la phonation et l’estime de soi. Chez le senior, cette réhabilitation doit être à la fois fonctionnelle, confortable et compatible avec l’état général, le budget et les capacités d’entretien. Les techniques modernes permettent de proposer des solutions personnalisées, allant des prothèses complètes amovibles traditionnelles aux bridges sur implants de type All-on-4. Le choix se fait toujours au cas par cas, après un examen clinique approfondi et un dialogue attentif autour de vos attentes et de votre mode de vie.
Prothèses complètes amovibles versus bridges sur implants all-on-4
Les prothèses complètes amovibles, communément appelées « dentiers », restent une solution largement utilisée chez les personnes totalement édentées. Elles sont relativement abordables, peuvent être réalisées même en cas de volume osseux limité et bénéficient, en France, de prises en charge intéressantes dans le cadre du panier 100% Santé pour certains modèles. Leur principal inconvénient réside dans la stabilité parfois insuffisante, surtout au niveau mandibulaire, pouvant entraîner des difficultés de mastication ou un inconfort au quotidien.
Les bridges sur implants de type All-on-4 constituent une alternative fixe : quatre implants sont posés dans chaque mâchoire pour soutenir un bridge complet vissé. Cette technique offre une excellente stabilité, un confort de mastication proche de celui des dents naturelles et une esthétique souvent très satisfaisante. Elle nécessite toutefois un bon état général, une densité osseuse suffisante et un budget plus élevé. Chez le senior en bonne santé, elle peut représenter une solution durable et confortable, à condition d’accepter une phase chirurgicale et un entretien rigoureux. Le choix entre prothèse amovible et bridge sur implants se fait en tenant compte de vos priorités : confort, coût, temps de traitement, entretien et éventuelles contre-indications médicales.
Réadaptation des stellites métalliques et prothèses partielles flexibles valplast
En cas de perte partielle de dents, les prothèses amovibles partielles sont souvent proposées. Les stellites métalliques reposent sur une armature en métal qui s’appuie sur les dents restantes et la gencive. Ils sont réputés pour leur solidité, leur bonne répartition des forces masticatoires et leur longévité. Cependant, avec le temps, les dents supports peuvent bouger, l’os se résorber et la prothèse devenir instable ou inconfortable. Une réadaptation, sous forme de rebasage, d’ajout de dents ou de modification des crochets, permet souvent de prolonger la durée de vie du stellite et d’améliorer son confort.
Les prothèses partielles flexibles de type Valplast, quant à elles, sont réalisées en résine souple, sans armature métallique visible. Elles offrent une bonne esthétique et un certain confort grâce à leur flexibilité, ce qui peut être apprécié par les patients ayant des gencives sensibles ou refusant les crochets métalliques. En revanche, elles sont parfois plus difficiles à ajuster précisément et peuvent être moins durables dans le temps que les stellites. Là encore, le choix dépendra de votre situation clinique, de vos priorités esthétiques et de votre capacité à entretenir correctement l’appareil. Une réévaluation régulière permet d’anticiper les adaptations nécessaires plutôt que d’attendre l’inconfort majeur.
Contrôle de l’occlusion et ajustement vertical de dimension chez l’édenté
Chez l’édenté complet ou partiel, la perte progressive de dents et la résorption osseuse modifient la manière dont les mâchoires se rencontrent : c’est l’occlusion. Une occlusion déséquilibrée ou une dimension verticale diminuée (bouche qui « s’affaisse ») peuvent entraîner des douleurs articulaires, des tensions musculaires, des difficultés de mastication et un vieillissement prématuré des traits du visage. Les prothèses anciennes, usées ou mal ajustées accentuent ce phénomène, avec parfois des troubles de la diction et un risque accru de morsures de la langue ou des joues.
Le contrôle régulier de l’occlusion par le dentiste permet de vérifier que les contacts entre les dents naturelles et/ou prothétiques restent harmonieux. Des ajustements ponctuels, un rebasage des appareils ou, dans certains cas, la réalisation de nouvelles prothèses avec une dimension verticale restaurée, améliorent nettement le confort. On peut comparer cela à la semelle d’une chaussure : si elle est trop usée, la posture change et les douleurs apparaissent. De la même façon, une prothèse usée ou mal équilibrée finit par perturber l’ensemble du système masticatoire. Ne pas attendre la casse ou la douleur pour consulter est la meilleure stratégie.
Suivi préventif et consultations dentaires programmées après 65 ans
Au-delà de 65 ans, la consultation dentaire ne doit plus être perçue comme un recours « en cas de douleur », mais comme un rendez-vous de prévention au même titre que le suivi cardiologique ou diabétologique. Un examen bucco-dentaire régulier, tous les 6 à 12 mois selon votre état de santé, permet de dépister précocement les caries, les débuts de parodontite, les lésions muqueuses et les problèmes de prothèses. C’est aussi l’occasion d’actualiser les conseils d’hygiène, de vérifier l’efficacité de votre brossage et d’adapter les outils à votre dextérité.
Lors de ces consultations programmées, le chirurgien-dentiste peut réaliser un détartrage, un polissage, contrôler l’occlusion et l’ajustement de vos prothèses, et, si besoin, prescrire des examens complémentaires (radiographies, scanner). Pour les personnes fragiles, dépendantes ou vivant en institution, des protocoles spécifiques peuvent être mis en place, parfois en lien avec des équipes mobiles ou des structures de soins dédiées. Vous pouvez également tenir un petit carnet de suivi bucco-dentaire, notant les dates de vos rendez-vous, les éventuelles douleurs ressenties, les médicaments introduits récemment : cet outil simple facilite le dialogue avec le praticien et contribue à une prise en charge personnalisée.
Alimentation et nutrition pour préserver le capital dentaire senior
L’alimentation joue un rôle central dans la santé bucco-dentaire du senior. Non seulement elle influence directement le risque de caries et d’érosion de l’émail, mais elle conditionne aussi l’état nutritionnel général, la solidité osseuse et l’immunité. Une mastication efficace permet de consommer des aliments variés, riches en fibres, en vitamines et en minéraux, alors qu’une dentition déficiente pousse souvent vers des aliments mous, sucrés et ultra-transformés. Préserver son capital dentaire, c’est donc se donner les moyens de rester bien nourri, en forme et autonome plus longtemps.
Concrètement, il est conseillé de limiter la consommation d’aliments et de boissons très sucrés (sodas, biscuits, confiseries) en dehors des repas, car les grignotages répétés entretiennent un environnement acide favorable aux caries. Privilégiez une alimentation riche en fruits et légumes frais, en produits laitiers ou alternatives riches en calcium (amandes, brocoli, haricots secs), et en sources de protéines de qualité (poissons, œufs, légumineuses). Les aliments riches en fibres stimulent la salivation, véritable bouclier naturel contre les attaques acides. Une bonne hydratation, tout au long de la journée, est également indispensable pour compenser la baisse de sécrétion salivaire fréquente après 60 ans.
En cas de difficultés de mastication, il est possible d’adapter les textures sans sacrifier la qualité nutritionnelle : légumes cuits al dente plutôt que crus trop durs, viandes mijotées, poissons fondants, fruits en compote sans sucre ajouté. N’hésitez pas à en parler à votre dentiste ou à un diététicien si vous constatez une perte de poids involontaire, une fatigue inhabituelle ou une tendance à éviter certains aliments par peur de la douleur. En ajustant à la fois les soins dentaires et l’alimentation, vous mettez toutes les chances de votre côté pour conserver une bouche fonctionnelle et une bonne santé globale, même bien après 70 ans.