
# Tout savoir sur l’assurance vie pour les plus de 60 ans
Avec plus de 1 900 milliards d’euros d’encours, l’assurance vie demeure le placement préféré des Français, toutes générations confondues. Pourtant, passé 60 ans, nombreux sont ceux qui hésitent encore à souscrire un nouveau contrat ou à alimenter leurs contrats existants. Cette réticence s’explique souvent par une méconnaissance des règles fiscales et des possibilités offertes aux seniors. En réalité, l’assurance vie reste un outil patrimonial incontournable pour organiser sa succession, sécuriser son épargne et optimiser la transmission de son patrimoine. Loin d’être un placement réservé aux jeunes actifs, elle répond parfaitement aux besoins spécifiques des sexagénaires et des septuagénaires, à condition de bien comprendre ses mécanismes et d’adapter sa stratégie à son profil.
Les enjeux financiers évoluent considérablement à l’approche de la retraite. La préservation du capital devient prioritaire, tandis que la transmission aux héritiers gagne en importance. Dans ce contexte, l’assurance vie offre une souplesse remarquable, combinant sécurité, disponibilité des fonds et avantages fiscaux significatifs. Contrairement aux idées reçues, souscrire après 60 ans ou même après 70 ans présente de réels atouts, notamment en matière de droits de succession. Le cadre juridique et fiscal qui l’entoure permet d’optimiser la transmission patrimoniale tout en conservant la maîtrise de son épargne.
Les spécificités contractuelles de l’assurance vie après 60 ans
La souscription d’un contrat d’assurance vie après 60 ans ne diffère pas fondamentalement de celle effectuée plus tôt dans la vie. Aucune limite d’âge légale n’existe pour ouvrir un contrat, même si certains assureurs fixent un plafond à 85 ans, conformément aux recommandations de la Fédération française de l’assurance. Cette absence de restriction ouvre la porte à de nombreuses possibilités pour structurer son patrimoine en fin de carrière ou au début de la retraite. Cependant, quelques particularités méritent votre attention pour maximiser les avantages de ce placement.
L’âge du souscripteur influence notamment le questionnaire médical exigé par certains assureurs, particulièrement lorsque le contrat intègre une garantie décès complémentaire. Plus vous êtes âgé, plus les formalités peuvent s’alourdir. Toutefois, pour un contrat d’assurance vie classique sans garantie décès renforcée, ces exigences restent généralement limitées. La transparence est essentielle lors de cette étape : toute fausse déclaration peut entraîner la nullité du contrat ou la réduction des prestations versées aux bénéficiaires.
Le délai de carence et les clauses d’exclusion liées à l’âge de souscription
Certains contrats d’assurance vie destinés aux seniors peuvent comporter un délai de carence, période durant laquelle les garanties ne sont pas encore pleinement applicables. Ce délai, généralement de 1 à 3 ans, concerne surtout les contrats avec garantie décès majorée. Si le souscripteur décède pendant cette période, les bénéficiaires ne perçoivent qu’une partie du capital, voire uniquement les primes versées majorées d’un faible taux d’intérêt. Cette clause protège l’assureur contre les souscriptions tar
isées à un âge très avancé ou en présence d’une pathologie grave connue au moment de la souscription.
Il est donc indispensable, après 60 ans, de lire attentivement les conditions générales du contrat d’assurance vie et de vérifier la présence d’un éventuel délai de carence. Vous devez également prêter attention aux clauses d’exclusion : certains contrats prévoient, par exemple, une limitation de garantie en cas de décès par maladie dans les premières années ou excluent les conséquences de certains comportements à risque. Même si ces clauses sont moins fréquentes sur les contrats d’épargne « classiques », elles peuvent exister sur des offres spécifiquement estampillées « senior ».
En pratique, mieux vaut privilégier un contrat d’assurance vie sans carence ni exclusion liée à l’âge lorsqu’il s’agit avant tout d’un placement d’épargne et non d’une assurance décès stricto sensu. En cas de doute, n’hésitez pas à demander au conseiller un résumé écrit des exclusions applicables : cela vous évitera les mauvaises surprises pour vos bénéficiaires au moment de la succession. Gardez à l’esprit qu’un contrat standard, ouvert auprès d’un assureur grand public ou d’un acteur en ligne, offre souvent des conditions plus simples et plus favorables que certains produits « spécialisés seniors » au marketing séduisant mais aux garanties restreintes.
Les modalités de versement : prime unique versus primes programmées tardives
Après 60 ans, deux grandes approches s’offrent à vous pour alimenter votre assurance vie : verser une prime unique importante (par exemple à la suite d’un héritage ou de la vente d’un bien immobilier), ou mettre en place des primes programmées, même commencées tardivement. Le choix entre ces modalités de versement dépend de votre situation patrimoniale, de votre horizon de placement et de votre fiscalité future. La prime unique permet de placer rapidement un capital significatif dans un cadre fiscal avantageux, notamment si vous avez encore plusieurs années devant vous avant vos 70 ans.
Les versements programmés, quant à eux, présentent un autre intérêt : ils lissent dans le temps votre effort d’épargne et réduisent le risque de « mauvais timing » d’investissement, surtout si le contrat comporte des unités de compte. Ils restent intéressants même après 60 ans, car quelques années suffisent pour bénéficier de la fiscalité adoucie au bout de 8 ans de contrat. Vous pouvez, par exemple, programmer 200 ou 300 euros par mois, quitte à moduler ou suspendre ces versements en fonction de l’évolution de vos revenus à la retraite.
Faut-il privilégier une prime unique ou des primes programmées tardives ? Dans la pratique, beaucoup de seniors combinent les deux : un premier versement conséquent pour « lancer » le contrat et faire courir le compteur fiscal, complété par des versements réguliers plus modestes. L’essentiel est de vérifier les frais sur versement et les frais de gestion : au-delà de 2 à 3 % de frais d’entrée, le gain fiscal et financier peut rapidement être rogné. Les contrats d’assurance vie en ligne, souvent sans frais sur versement, se prêtent particulièrement bien à cette stratégie mixte.
La clause bénéficiaire démembrée pour optimiser la transmission
À partir de 60 ans, la question de la transmission de votre patrimoine devient centrale. L’assurance vie se distingue ici par la souplesse de sa clause bénéficiaire, que vous pouvez rédiger de manière classique (« mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés ») ou de façon plus sophistiquée, notamment via le démembrement. La clause bénéficiaire démembrée consiste à répartir les droits entre un usufruitier (souvent le conjoint survivant) et un ou plusieurs nus-propriétaires (généralement les enfants), afin de concilier protection du conjoint et optimisation fiscale pour la génération suivante.
Concrètement, au décès de l’assuré, le conjoint usufruitier perçoit les capitaux et peut en profiter librement (dans les limites prévues), tandis que les enfants nus-propriétaires acquièrent un droit économique futur sur ce capital. Fiscalement, l’abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans se répartit entre usufruitier et nus-propriétaires selon un barème administratif tenant compte de l’âge de l’usufruitier. Cette approche permet souvent de transmettre davantage dans un cadre fiscal avantageux tout en assurant un niveau de vie confortable au conjoint survivant.
La rédaction d’une clause bénéficiaire démembrée nécessite toutefois une grande rigueur : il est vivement recommandé de se faire accompagner par un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine pour éviter toute ambiguïté. Vous devrez préciser, par exemple, les pouvoirs de l’usufruitier (peut-il consommer pleinement le capital ou doit-il en conserver la substance ?) et le sort des capitaux en cas de prédécès de l’un des bénéficiaires. Bien utilisée, cette technique transforme l’assurance vie en un véritable outil de stratégie successorale, particulièrement pertinent après 60 ans.
Les garanties plancher et les fonds en euros sécurisés adaptés aux seniors
À un âge avancé, la recherche de sécurité prime souvent sur la quête de performance. C’est pourquoi de nombreux contrats d’assurance vie proposent des garanties plancher décès : en cas de baisse des marchés, l’assureur garantit à vos bénéficiaires un capital minimum, par exemple le montant des primes nettes versées, même si la valeur de votre contrat en unités de compte est inférieure. Cette garantie plancher, souvent optionnelle, peut être intéressante si votre contrat est fortement exposé aux marchés actions ou immobiliers, mais elle entraîne un surcoût sous forme de frais supplémentaires ou de réduction de rendement.
En parallèle, les fonds en euros restent l’outil privilégié des seniors pour sécuriser leur épargne. Le capital y est garanti à tout moment, et les intérêts crédités chaque année deviennent définitivement acquis. Même si les rendements se sont tassés ces dernières années (autour de 2 à 3 % en moyenne brute de frais en 2023), ils restent souvent supérieurs à ceux des livrets bancaires traditionnels, tout en offrant une fiscalité plus douce à long terme. Pour un sexagénaire prudent, il n’est pas rare de prévoir 60 à 80 % d’allocation sur des fonds en euros, complétés par quelques supports dynamiques choisis avec soin.
L’enjeu, pour vous, est de trouver le bon équilibre entre sécurité et rendement, en tenant compte de votre horizon de vie et de vos besoins de liquidité. Une assurance vie bien construite pour un senior combinera ainsi un fonds en euros performant, éventuellement une garantie plancher si une part significative est investie en unités de compte, et une allocation d’actifs progressivement sécurisée avec l’âge. Pensez à vérifier régulièrement, avec l’aide de votre conseiller, que le contrat reste aligné avec vos objectifs patrimoniaux et vos contraintes de risque.
La fiscalité successorale de l’assurance vie au-delà de 70 ans
Le passage des 70 ans est un tournant important pour l’assurance vie, non pas parce que le contrat perd son intérêt, mais parce que les règles fiscales évoluent. Beaucoup de seniors pensent à tort qu’il est « trop tard » pour verser sur un contrat d’assurance vie après 70 ans. En réalité, le législateur a prévu un régime spécifique, encadré par l’article 757 B du Code général des impôts, qui peut rester très avantageux si l’on en maîtrise les subtilités. Comprendre cette fiscalité successorale est essentiel pour arbitrer entre assurance vie, donation et succession classique.
L’article 757 B du CGI et l’abattement de 30 500 euros par bénéficiaire
Les primes versées sur un contrat d’assurance vie après 70 ans relèvent, en cas de décès, de l’article 757 B du CGI. Beaucoup résument ce dispositif à un abattement de 30 500 euros, mais sa portée est souvent mal comprise. Cet abattement de 30 500 euros ne s’applique pas par bénéficiaire, mais de manière globale, tous contrats et tous bénéficiaires confondus, sur le montant total des primes versées après vos 70 ans. Autrement dit, si vous avez versé 60 000 euros après 70 ans, seuls 29 500 euros seront soumis aux droits de succession, quelle que soit la répartition entre vos héritiers.
Ce point peut paraître moins attractif que l’abattement de 152 500 euros par bénéficiaire applicable aux primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI). Toutefois, il ne faut pas oublier que cet abattement de 30 500 euros s’ajoute aux abattements de droit commun dont bénéficient déjà vos héritiers dans la succession (par exemple 100 000 euros par enfant tous les 15 ans). Ainsi, même au-delà de 70 ans, continuer à alimenter une assurance vie garde du sens, notamment pour segmenter votre patrimoine et organiser une transmission plus fluide.
En pratique, une stratégie patrimoniale efficace consiste souvent à « remplir » au maximum les abattements de 152 500 euros par bénéficiaire avant vos 70 ans, puis à utiliser l’enveloppe de 30 500 euros au-delà de cet âge. Cet arbitrage suppose d’anticiper suffisamment tôt vos objectifs de transmission et de réaliser des versements significatifs avant votre 70e anniversaire. Si vous avez déjà dépassé ce cap, il est encore possible d’optimiser, mais avec des outils complémentaires que nous aborderons plus loin.
La taxation des primes versées après 70 ans selon le barème des droits de succession
Au-delà de l’abattement de 30 500 euros, la fraction des primes versées après 70 ans excédant ce seuil est soumise au barème des droits de succession classique, en fonction du lien de parenté entre le souscripteur et le bénéficiaire. Par exemple, pour un enfant, le barème progressif va de 5 % à 45 % après application de l’abattement de 100 000 euros. Pour un neveu ou une personne sans lien de parenté, la taxation peut être bien plus lourde, jusqu’à 60 % dans certains cas.
On pourrait se demander : dans ces conditions, quel est l’intérêt de passer par une assurance vie plutôt que de laisser les sommes sur un compte bancaire ? La réponse tient d’abord à la distinction fondamentale entre primes et produits : seules les primes versées après 70 ans sont réintégrées dans l’assiette de succession, pas les intérêts générés (nous y revenons juste après). De plus, l’assurance vie permet de désigner librement des bénéficiaires, y compris en dehors des héritiers réservataires, et d’organiser une transmission directe, souvent plus rapide et plus discrète que la succession classique.
Il est donc pertinent, après 70 ans, de calibrer vos versements en assurance vie en fonction de votre situation familiale. Si vos bénéficiaires sont principalement vos enfants, l’impact du barème successoral sera mitigé par les abattements déjà existants et par l’exonération totale des produits. En revanche, si vous souhaitez avant tout avantager un tiers éloigné (neveu, ami, association), il sera parfois plus judicieux de recourir à d’autres outils (donation, legs, contrat de capitalisation) pour limiter une fiscalité pouvant atteindre 60 %.
L’exonération totale des intérêts capitalisés quel que soit l’âge de versement
C’est l’un des atouts les plus méconnus de l’assurance vie après 70 ans : les intérêts et plus-values générés par les primes versées restent totalement exonérés de droits de succession, quel que soit l’âge auquel vous avez effectué ces versements. Seules les primes nettes versées après 70 ans sont réintégrées dans la succession au-delà de l’abattement de 30 500 euros ; les gains produits par ces primes échappent en revanche à toute taxation successorale.
Imaginez, par exemple, que vous versiez 40 000 euros sur votre assurance vie à 72 ans et que le contrat atteigne 60 000 euros au moment de votre décès. Dans ce cas, seuls les 40 000 euros de primes seront pris en compte pour la succession (dont 30 500 euros exonérés au titre de l’article 757 B), tandis que les 20 000 euros de gains seront transmis à vos bénéficiaires sans aucun droit de succession. C’est comme si l’assurance vie créait une « bulle » fiscale protectrice autour des intérêts, même lorsque l’on a commencé à verser tard.
Pour exploiter pleinement cette caractéristique, il peut être judicieux, après 70 ans, de privilégier une allocation d’actifs équilibrée voire légèrement dynamique (dans la limite de votre tolérance au risque), afin de générer des gains substantiels à long terme. Plus votre espérance de vie est longue, plus ce mécanisme joue en faveur de vos héritiers. Vu sous cet angle, l’assurance vie après 70 ans n’est pas un simple outil de stockage, mais bien un vecteur de création de valeur hors droits de succession.
Le démembrement de la clause bénéficiaire pour contourner les limites fiscales
Face aux plafonds fiscaux de l’assurance vie (152 500 euros par bénéficiaire avant 70 ans, 30 500 euros globalement après 70 ans), certains seniors se tournent vers le démembrement de la clause bénéficiaire pour optimiser la fiscalité successorale. Cette technique, déjà évoquée plus haut, prend une dimension particulière au-delà de 70 ans : en répartissant la valeur économique du capital entre usufruitier et nus-propriétaires, on réduit l’assiette taxée pour chacun d’eux au titre des articles 990 I ou 757 B.
Concrètement, l’administration fiscale valorise l’usufruit et la nue-propriété selon un barème fonction de l’âge de l’usufruitier au jour du décès. Plus ce dernier est âgé, plus la valeur fiscale de l’usufruit est faible, ce qui augmente mécaniquement celle de la nue-propriété mais permet aussi de mieux utiliser les abattements disponibles. C’est un peu comme partager un gâteau fiscal en plusieurs parts pour que chacun des bénéficiaires profite au mieux de sa tranche d’exonération.
Le démembrement de la clause bénéficiaire ne doit toutefois pas être utilisé à la légère ni dans un but exclusivement fiscal, au risque d’attirer l’attention de l’administration sur le caractère éventuellement « artificiel » du montage. Il doit s’inscrire dans une véritable logique de protection du conjoint (usufruitier) et d’anticipation de la transmission aux enfants (nus-propriétaires). Bien encadré par un professionnel, ce levier peut s’avérer redoutablement efficace pour optimiser la fiscalité successorale de vos contrats d’assurance vie après 70 ans.
Les unités de compte et l’allocation d’actifs recommandée pour les sexagénaires
Passé 60 ans, faut-il encore investir en unités de compte (UC) au sein de son assurance vie ? La réponse n’est pas un simple oui ou non, mais dépend de votre profil de risque, de votre horizon de placement et de vos objectifs de transmission. Contrairement à une idée reçue, un sexagénaire n’est pas condamné à placer 100 % de son épargne en fonds euros. Une exposition mesurée aux UC, notamment immobilières (SCPI, OPCI) ou diversifiées prudentes, peut contribuer à préserver le pouvoir d’achat de votre capital face à l’inflation, qui érode progressivement les placements trop sécurisés.
On peut comparer la construction de votre allocation d’actifs à la préparation d’un repas équilibré : le fonds en euros représente la base rassasiante et stable (les « féculents »), tandis que les unités de compte jouent le rôle des légumes et protéines, plus variés et parfois plus épicés, qui apportent saveur et nutriments. Pour un sexagénaire, l’enjeu consiste à ajuster les proportions pour maintenir un bon équilibre entre sécurité et rendement, sans prendre de risques inconsidérés à l’approche ou au début de la retraite.
Le profil prudent : répartition entre fonds euros et SCPI dans un contrat lucya cardif
Un exemple typique d’allocation adaptée à un profil prudent de plus de 60 ans est la combinaison d’un fonds en euros solide et de parts de SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) logées dans une assurance vie, comme c’est possible dans des contrats modernes de type Lucya Cardif. Dans ce type de configuration, on peut envisager une répartition de l’ordre de 60 à 80 % sur le fonds en euros, pour garantir une stabilité du capital, et 20 à 40 % sur des SCPI diversifiées (bureaux, commerces, santé, logistique) pour rechercher un rendement net plus attractif, souvent situé entre 4 et 5 % brut selon les années.
Les SCPI au sein d’une assurance vie présentent plusieurs atouts pour les seniors : elles permettent d’accéder à l’immobilier locatif sans les contraintes de gestion (vacance locative, travaux, relations avec les locataires), tout en bénéficiant d’une mutualisation des risques sur un grand nombre de biens et de locataires. Surtout, elles profitent du cadre fiscal de l’assurance vie : les revenus fonciers générés par les SCPI ne sont pas imposés immédiatement à l’impôt sur le revenu, mais capitalisent dans le contrat et ne sont taxés qu’en cas de rachat, selon la fiscalité avantageuse de l’assurance vie.
Bien sûr, les SCPI restent des supports en unités de compte, sans garantie de capital et avec une liquidité parfois plus lente. C’est pourquoi il est essentiel, à plus de 60 ans, de ne pas y investir une part excessive de votre patrimoine et de privilégier des véhicules de grande taille, bien diversifiés et gérés par des sociétés reconnues. Une allocation réfléchie dans un contrat comme Lucya Cardif peut ainsi constituer un excellent compromis pour conjuguer sécurité, rendement et préparation de la succession.
Les supports immobiliers OPCI et leur rendement sécurisé à horizon court terme
À côté des SCPI, les OPCI (organismes de placement collectif immobilier) constituent un autre type de support immobilier accessible en unités de compte dans de nombreux contrats d’assurance vie. Plus liquides et plus diversifiés que les SCPI, ils combinent un portefeuille d’actifs immobiliers (bureaux, commerces, résidences gérées) et une poche de liquidités ou d’obligations, ce qui les rend généralement moins volatils à court terme. Pour un sexagénaire souhaitant dynamiser légèrement son contrat sur un horizon de placement de 5 à 8 ans, les OPCI peuvent représenter une brique intéressante.
Leur rendement cible est souvent un peu inférieur à celui des SCPI, mais supérieur à celui des fonds en euros, avec un risque modéré. On peut les considérer comme une sorte de « pont » entre l’immobilier traditionnel et les placements obligataires : ils profitent de la relative résilience de la pierre, tout en offrant une capacité d’ajustement rapide grâce à la poche financière. Pour un senior, cette flexibilité est précieuse, car elle permet de réagir plus aisément en cas de besoin de liquidités ou de dégradation brutale des marchés immobiliers.
Avant de vous positionner sur des OPCI, il est toutefois important de bien comprendre leurs frais (frais d’entrée, de gestion, éventuelle commission de surperformance) et leur niveau de risque. Tous les OPCI ne se valent pas : certains sont plus orientés vers la performance, d’autres vers la stabilité. Un bon réflexe consiste à étudier leur comportement sur plusieurs cycles de marché et à vérifier la cohérence de ce support avec votre horizon de vie et vos projets (complément de retraite, transmission à court ou moyen terme, etc.).
La gestion sous mandat adaptée aux profils senior chez spirica ou generali
Vous ne vous sentez pas à l’aise avec la sélection individuelle de SCPI, d’OPCI ou de fonds actions ? De nombreux assureurs, comme Spirica ou Generali, proposent des gestions sous mandat ou « pilotées » spécifiquement adaptées aux profils seniors. Dans ce cadre, vous déléguez la gestion financière de votre contrat à des professionnels qui construisent et ajustent pour vous une allocation d’actifs cohérente avec votre profil de risque (prudent, équilibré, dynamique) et votre horizon de placement.
Pour un sexagénaire, la gestion sous mandat offre plusieurs avantages : elle permet d’intégrer progressivement plus de sécurité à mesure que l’âge avance (réduction de la part d’actions, renforcement du fonds en euros), tout en saisissant les opportunités de marché sans avoir à intervenir soi-même. C’est un peu comme confier la conduite de votre véhicule à un chauffeur expérimenté dès lors que la route devient plus sinueuse : vous gardez le contrôle de la destination (vos objectifs patrimoniaux), mais déléguez la conduite technique.
Avant d’opter pour ce mode de gestion, il convient d’examiner attentivement les frais additionnels (souvent de l’ordre de 0,2 à 0,5 % par an en plus des frais de gestion du contrat) et de vérifier la transparence de la communication (rapports trimestriels, explication des arbitrages, niveau de risque réel). Une bonne gestion sous mandat, chez Spirica, Generali ou un autre acteur, doit rester lisible et compréhensible, même pour un épargnant peu familier des marchés financiers. N’hésitez pas à poser des questions et à demander des exemples d’allocation pour un profil similaire au vôtre.
L’assurance vie comme outil de défiscalisation des rachats partiels programmés
Au-delà de la transmission, l’assurance vie peut aussi être un précieux allié pour compléter vos revenus à la retraite, tout en maîtrisant votre fiscalité. Grâce au mécanisme des rachats partiels programmés, vous pouvez transformer progressivement votre capital en flux de trésorerie réguliers (mensuels, trimestriels, annuels), sans pour autant fermer votre contrat. Bien utilisés, ces rachats permettent de rester en dessous des seuils d’imposition les plus pénalisants et de profiter pleinement des abattements spécifiques de l’assurance vie après 8 ans.
On peut comparer cette approche à un « robinet » que vous ouvrez plus ou moins selon vos besoins : le capital reste investi dans le contrat, mais vous prélevez chaque année une petite partie sous forme de rachat partiel, qui sera fiscalement décomposée entre capital et intérêts. Seule la portion correspondant aux intérêts supporte l’impôt et les prélèvements sociaux, ce qui réduit mécaniquement la pression fiscale par rapport à un produit où l’intégralité du retrait serait imposable.
Le mécanisme de l’abattement annuel de 4 600 euros pour un célibataire
Après 8 ans de détention, les contrats d’assurance vie bénéficient d’un abattement annuel sur les gains imposables : 4 600 euros pour un célibataire et 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune. Cet abattement s’applique à la part d’intérêts incluse dans vos rachats annuels, qu’ils soient ponctuels ou programmés. Concrètement, si la portion d’intérêts de vos retraits annuels reste inférieure à ce seuil, vous ne paierez aucun impôt sur le revenu sur ces gains (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % resteront dus).
Pour optimiser ce mécanisme, il est judicieux de calibrer le montant de vos rachats partiels programmés de façon à utiliser pleinement l’abattement chaque année, sans le dépasser inutilement. Par exemple, si la proportion d’intérêts dans vos rachats est de 20 %, un célibataire pourra retirer jusqu’à 23 000 euros par an (dont 4 600 euros d’intérêts) sans impôt sur le revenu. Au-delà, il aura le choix entre l’intégration au barème progressif ou le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 7,5 % ou 12,8 % selon le montant des primes versées.
Cette mécanique fait de l’assurance vie un outil particulièrement performant pour organiser un complément de retraite défiscalisé. Elle suppose toutefois de suivre régulièrement la performance et la structure de votre contrat pour ajuster le niveau de vos rachats. Un conseiller peut vous aider à simuler différents scénarios de retraits programmés en fonction de votre âge, de votre espérance de vie et de votre niveau de vie souhaité.
La rente viagère issue d’un contrat et sa fiscalité avantageuse après 70 ans
Outre les rachats partiels, vous avez la possibilité, à partir de la retraite, de transformer tout ou partie de votre contrat d’assurance vie en rente viagère. Dans ce cas, l’assureur s’engage à vous verser un revenu régulier (mensuel ou trimestriel) jusqu’à votre décès, quel que soit l’âge atteint. Cette option peut rassurer les seniors qui craignent d’épuiser leur capital trop tôt ou de vivre très longtemps avec des ressources insuffisantes.
D’un point de vue fiscal, la rente viagère issue d’un contrat d’assurance vie bénéficie d’un régime particulièrement favorable après 70 ans : seule une fraction de la rente est imposable à l’impôt sur le revenu, en fonction de l’âge du rentier au moment de la mise en place de la rente. Ainsi, à partir de 70 ans, seulement 30 % de la rente est soumise à l’impôt, les 70 % restants étant exonérés. Ce mécanisme revient à considérablement alléger la fiscalité de ce complément de revenu, surtout si votre taux marginal d’imposition est modéré.
Avant d’opter pour la rente viagère, il faut néanmoins mesurer le caractère irréversible de ce choix : une fois le capital converti, vous ne pouvez plus revenir en arrière ni récupérer votre épargne sous forme de capital. Il est donc souvent pertinent de ne convertir qu’une partie de votre assurance vie en rente, en conservant une autre partie sous forme de capital disponible pour les imprévus ou les projets ponctuels (aide aux enfants, travaux, dépenses de santé, etc.).
L’option du démembrement temporaire pour optimiser les flux de trésorerie
Pour aller plus loin dans l’optimisation des flux de trésorerie, certains montages patrimoniaux utilisent le démembrement temporaire de propriété appliqué à l’assurance vie ou à des supports immobiliers sous-jacents (SCPI, par exemple). L’idée est de dissocier temporairement l’usufruit (droit de percevoir les revenus) de la nue-propriété (droit de disposer du capital à terme), afin d’adapter la répartition des revenus et du patrimoine aux besoins de chaque génération.
Par exemple, un senior peut conserver l’usufruit de certains supports générateurs de revenus au sein de son patrimoine (ou de son contrat), tandis que la nue-propriété est transmise à ses enfants ou petits-enfants, souvent avec une fiscalité allégée. Pendant la durée du démembrement, le senior perçoit les revenus et améliore ainsi sa trésorerie, sans accroître la base taxable de son patrimoine à l’ISF/IFI (le cas échéant) ni alourdir sa future succession. À l’issue de la période (10, 15 ou 20 ans), la pleine propriété se reconstitue gratuitement au profit des nus-propriétaires.
Ce type de montage est plus technique et nécessite un accompagnement professionnel (notaire, avocat fiscaliste, conseiller en gestion de patrimoine). Il peut cependant se révéler très pertinent lorsque l’on cherche, après 60 ans, à concilier trois objectifs : maintenir des revenus confortables, optimiser la fiscalité, et organiser une transmission progressive et maîtrisée au profit de la génération suivante.
Les alternatives et compléments à l’assurance vie pour les retraités
Si l’assurance vie demeure la pierre angulaire de la plupart des stratégies patrimoniales des plus de 60 ans, elle n’est pas le seul outil à votre disposition. Pour construire un patrimoine résilient et transmettre dans de bonnes conditions, il est souvent judicieux de combiner plusieurs dispositifs : plan d’épargne retraite, donations, contrat de capitalisation, voire immobilier direct. Comme dans une trousse à outils, chaque instrument a sa fonction spécifique, et c’est leur articulation cohérente qui permet d’atteindre vos objectifs.
Vous vous demandez peut-être : « Faut-il tout mettre sur mon assurance vie ou diversifier avec d’autres produits ? » La réponse dépend de votre situation familiale, de votre niveau de patrimoine et de votre fiscalité. Dans bien des cas, l’assurance vie reste le socle, complété par un ou deux autres supports pour répondre à des besoins plus ciblés, comme la préparation de la succession ou la réduction de l’impôt sur le revenu.
Le plan d’épargne retraite individuel et ses atouts en phase de liquidation
Le Plan d’Épargne Retraite individuel (PERin) est souvent présenté comme un outil de préparation de la retraite pour les actifs, grâce à la déduction fiscale des versements du revenu imposable. Mais il conserve aussi de l’intérêt après 60 ans, notamment si vous êtes encore en activité ou si vous percevez des revenus fonciers significatifs. Les versements réalisés sur un PER peuvent en effet réduire immédiatement votre impôt sur le revenu, ce qui est particulièrement intéressant si vous êtes imposé dans une tranche marginale élevée.
En phase de liquidation, le PER offre plusieurs options de sortie : en rente viagère, en capital (fractionné ou non), ou en combinant les deux. La fiscalité applicable dépendra de la nature des versements (déduits ou non) et du mode de sortie choisi. Comparé à l’assurance vie, le PER est plus contraignant sur la disponibilité des fonds avant la retraite, mais potentiellement plus puissant en termes de défiscalisation à l’entrée. Pour un senior proche de la retraite mais encore en activité, il peut constituer un complément intéressant à l’assurance vie, en particulier pour lisser sa fiscalité sur plusieurs années.
Après 62 ou 64 ans, en phase de liquidation, le PER devient en quelque sorte un « réservoir » de complément de revenus structuré. Un arbitrage fin entre sorties en capital et en rente, en tenant compte du reste de votre patrimoine (assurance vie, immobilier, épargne bancaire), permet d’optimiser votre imposition globale et votre trésorerie. Là encore, des simulations personnalisées sont indispensables pour choisir la meilleure combinaison.
La donation-partage transgénérationnelle couplée à un contrat d’assurance vie
Pour les retraités disposant d’un patrimoine significatif, la donation-partage transgénérationnelle est un outil puissant d’anticipation successorale. Elle permet de transmettre, de votre vivant, une partie de vos biens non seulement à vos enfants, mais aussi directement à vos petits-enfants, tout en figeant la valeur des biens donnés au jour de la donation. Couplée à un contrat d’assurance vie, cette stratégie offre une grande souplesse pour organiser la répartition du patrimoine entre les générations.
Concrètement, vous pouvez, par exemple, effectuer une donation-partage de certains biens immobiliers ou financiers à vos enfants et petits-enfants, puis utiliser votre assurance vie pour « rééquilibrer » la situation au profit d’un enfant moins favorisé ou pour aider un petit-enfant à démarrer dans la vie (financement des études, achat de la résidence principale). L’assurance vie, grâce à sa clause bénéficiaire modulable, permet d’affiner cette stratégie au fil du temps, sans passer à chaque fois par un acte notarié coûteux.
En combinant donation-partage et assurance vie, vous jouez sur deux registres complémentaires : la sécurité juridique de la donation, qui limite les risques de contestation ultérieure, et la souplesse de l’assurance vie, qui vous laisse la possibilité d’ajuster votre générosité en fonction de l’évolution des besoins et des situations familiales. Ce duo est particulièrement pertinent pour les grands-parents soucieux de transmettre dans un cadre apaisé et équitable.
Le contrat de capitalisation pour contourner la limitation des 70 ans
Moins connu du grand public, le contrat de capitalisation fonctionne, d’un point de vue financier, très similaire à un contrat d’assurance vie : même type de supports (fonds en euros, unités de compte), même fiscalité sur les rachats, même possibilité de rachats partiels ou totaux. La grande différence réside dans son traitement civil et successoral : le contrat de capitalisation fait partie de votre patrimoine et se transmet comme tout autre bien, sans bénéficier du régime spécifique de l’article 990 I ou 757 B.
Pourquoi, dès lors, l’utiliser ? Justement parce qu’il permet de contourner indirectement certaines limites propres à l’assurance vie, notamment après 70 ans. Par exemple, un contrat de capitalisation peut être donné de votre vivant à un enfant ou un petit-enfant, tout en conservant son ancienneté fiscale (ce qui n’est pas possible avec une assurance vie). Il peut aussi être détenu par une société civile patrimoniale, ce qui ouvre la voie à des stratégies de transmission et de gestion collective du patrimoine familial.
Pour un retraité ayant déjà largement utilisé les abattements de l’assurance vie et souhaitant continuer à investir dans un cadre fiscal avantageux pour les revenus de placement, le contrat de capitalisation constitue donc un complément pertinent. Il doit toutefois être manié avec précaution et de préférence avec l’appui d’un professionnel, car ses implications civiles (notamment en cas de communauté de biens ou de succession complexe) sont plus marquées que celles d’une assurance vie classique.
Les pièges à éviter lors de la souscription tardive d’une assurance vie
Souscrire une assurance vie après 60 ou 70 ans est loin d’être une mauvaise idée, à condition d’éviter certains pièges classiques. L’erreur la plus fréquente consiste à se focaliser uniquement sur la promesse de rendement mise en avant dans les plaquettes commerciales, sans examiner en détail les frais, les options de gestion et les conditions successorales. À âge avancé, un contrat trop chargé en frais ou mal structuré peut mettre des années à se rentabiliser, voire ne jamais atteindre pleinement vos objectifs patrimoniaux.
Un autre écueil est de sous-estimer l’importance de la clause bénéficiaire. Une clause mal rédigée, floue ou non mise à jour (par exemple après un divorce, un remariage ou une naissance) peut entraîner des conséquences contraires à vos souhaits : bénéficiaires indésirés, conflits familiaux, fiscalité alourdie. Il est essentiel de relire régulièrement cette clause avec votre conseiller ou votre notaire et de la modifier dès que votre situation évolue.
Enfin, méfiez-vous des primes jugées manifestement exagérées au regard de votre âge, de votre patrimoine global et de vos revenus. Si vous affectez une part disproportionnée de votre fortune à un contrat d’assurance vie dans l’unique but de contourner les règles de la réserve héréditaire, vos héritiers réservataires pourraient contester ces versements et demander leur réintégration à la succession. L’assurance vie n’est pas un « passe-droit » absolu : elle doit rester cohérente avec votre situation et vos besoins propres.
En résumé, pour réussir une souscription tardive, prenez le temps de comparer plusieurs contrats (frais, supports, qualité du fonds en euros), de clarifier vos objectifs (complément de retraite, transmission, protection du conjoint) et de vous entourer, si nécessaire, de professionnels compétents. L’assurance vie, bien utilisée, reste un formidable outil au service des plus de 60 ans ; mal choisie ou mal gérée, elle peut en revanche décevoir vos attentes et celles de vos proches.